L'arbre rouge flamboyant de l'automne...

Mais à quel arbre appartient donc cette élégante feuille aux tons rouges prononcés ? Un arbre indigène bien belge ? La réponse est non. Pourtant, sa forme est à mi-chemin entre celles du platane commun et celles de l’érable sycomore, deux arbres bien de chez nous…

 

 

Originaire des forêts tempérées allant du Connecticut jusqu’au Nord de la Floride et en Louisiane, le Liquidambar porte aussi le joli nom de Copalme d’Amérique…

 

 

Le Liquidembar d’Amérique  est un arbre à feuilles caduques (tombant en automne) qui a été introduit en 1681 en Europe où il est aujourd'hui très répandu.

 

 

Ses étonnantes nuances rouges vont de l'écarlate au pourpre foncé, en passant par le cuivre, ce qui le rend très remarquable en automne ! Une magnifique feuille à recueillir pour réaliser un tas de bricolages créatifs pour enfants ou pour customiser des objets déco pour adultes (voir photo du plateau dans la galerie photo).

 

 

 

Mais pourquoi le développement de telles couleurs dans ses feuilles avant leur chute ?

 

 

Ce qui est sûr, c’est que l’arbre se prépare à l’hiver… Pas besoin de calendrier pour savoir qu’il arrive, deux signes le lui annoncent :

 

- la durée du jour (photopériode) en diminution

 

- la température en baisse

 

 

Deux hormones, dont la synthèse est fonction de ces deux paramètres extérieurs interviennent  dans le processus de la chute des feuilles, nommé « abcission » : l'auxine et l'éthylène. Tant que l'hormone dominante est l'auxine, le végétal reste en période de végétation.

 

Mais dès que l'éthylène prend le dessus sur l'auxine, ce qui se produit lorsque la durée du jour et la température diminuent, la plante entre en période de repos !
L'éthylène provoque alors la synthèse d'une enzyme, à la base de la tige de la feuille, qui détruit la paroi des cellules et fragilise ainsi la zone d'attache de la feuille à la tige : on parle de zone d'abscission. Sous l'action du vent et du propre poids de la feuille, cette dernière finit par tomber au sol.

 

Simultanément, un tampon de liège (sorte d’intermédiaire entre le bois et l’écorce) se forme à l'endroit de la future cicatrice laissée par la feuille : ce tampon bloque petit à petit les échanges de sève entre la feuille et le reste de l'arbre. La sève brute, mélange d’eau et de sels minéraux, arrivant des racines, n'alimente plus la feuille qui se trouve privée des éléments minéraux indispensables à la fabrication de la chlorophylle. La sève élaborée, quant à elle, riche en sucres fabriqués par la photosynthèse, ne peut atteindre la tige et reste prisonnière dans la feuille.

 


La feuille est désormais incapable de fabriquer la chlorophylle, un pigment pourtant indispensable. Très instable, la chlorophylle disparaît ainsi rapidement de la feuille. Or, cette chlorophylle verte masquait la présence d'autres pigments : la xanthophylle, jaune, et les carotènes, oranges. Une fois la chlorophylle disparue, la feuille ne paraît donc plus verte, et prend des teintes jaune à rouge orangé, en fonction des pigments majoritaires, selon les espèces d’arbres…

Chez certains arbres, comme le chêne rouge, l’érable plane ou le sumac de Virginie (Rhus typhina), d'autres pigments, appelés phénols et anthocyanes, sont synthétisés à l’automne. De couleur rouge, pourpre ou violette, ils sont synthétisés, sous l'action de la lumière, à partir de sucres et de protéines.

 

 

Mais pourquoi de nombreux feuillus des régions tempérées font-ils le choix de perdre leurs feuilles à l'approche de l'hiver ? Tout simplement pour permettre la survie de l'arbre durant l'hiver. En effet, durant cette rude saison, sous nos climats, le sol est souvent gelé : les racines ne peuvent donc pas puiser l'eau nécessaire à la vie de l'arbre. Ce dernier doit donc économiser le peu d'eau dont il dispose : il lui faut donc limiter au maximum les pertes d'eau par évapo-transpiration. Or, les feuilles perdent beaucoup d'eau par leurs feuilles, et plus précisément par leurs stomates (petits orifices sur la face inférieure des feuilles permettant les échanges gazeux avec l'atmosphère). Nous l'avons tous constaté : un arbre en feuilles consomme davantage d'eau qu'un arbre nu. Pour sa survie, l'arbre doit donc se débarrasser de ses feuilles : dès l'approche de l'hiver, elles tombent !

 

Profitez d'une belle promenade en forêt en automne, plaisir des yeux et lâcher prise garantis :-)

 

Laurence ;-)